projet

Dans notre environnement imprégné de virtuel, la compagnie têteÀcorps revendique le théâtre avant tout comme un art de la présence, du vivant et du sensible. Céline Agniel, directrice artistique, fonde ses recherches autour de notre relation à l’autre et à la différence, face aux normes qu’impose une société de plus en plus cloisonnée par des systèmes d’exclusion. Dans ce monde où l’espace social se délite dans les réseaux, où la rentabilité commande au soin, qu’en est-il de ce qui est humain en nous et de ce qui nous relie aux autres ? A travers une démarche d’expérimentation, de création et de partage, la compagnie s’est construite autour d’un engagement à la fois artistique et social.

Depuis 2000, elle  a mis en oeuvre une vingtaine de spectacles et performances, qui interrogent les limites entre raison et folie, jeu et réalité, humanité et animalité, féminin et masculin… C’est un théâtre incarné où les corps parlent avant même de dire un mot. Une fabrique qui agite le(s) sens. Un théâtre de la tête et du corps. 

Ses créations sont de deux sortes : des mises en scène de textes adaptés d’oeuvres littéraires – de Kafka, S. Beckett, V. Woolf, I. Bergman…, et un travail plus expérimental et participatif, ancré dans la réalité sociale, avec des personnes fragiles où la forme est issue du plateau et d’une recherche collective. Fiction poétique ou matière théâtrale issue du réel, deux approches qui se nourrissent l’une l’autre, à travers une esthétique toujours renouvelée, témoignant d’un travail scénographique et sonore exigeant, dont la dramaturgie s’appuie parfois sur la vidéo.

Parallèlement, et en écho avec ses recherches artistiques, elle propose depuis toujours des actions de sensibilisation, de médiation et de transmission qui lui permettent de partager des aventures théâtrales singulières. La nécessité d’aller à la rencontre de publics d’horizons et de génération différentes constitue un échange essentiel à l’enrichissement de sa réflexion artistique. Céline Agniel enseigne par ailleurs au Conservatoire de Châtellerault depuis 2020.

Pour ces différents projets, la compagnie reçoit régulièrement le soutien de la DRAC, de la Région et de la ville. Après une quinzaine d’année à Paris, elle s’est implantée à Poitiers en 2014, où elle a développé plusieurs partenariats notamment avec la scène nationale TAP-Théâtre Auditorium de Poitiers, dont la création fin 2022 Des petites phrases courtes, ma chérie… d’après un texte de Pierrette Fleutiaux. Chronique douce-amère d’une fille face au vieillissement de sa mère, cette collaboration avec deux danseuses et chorégraphes, Odile Azagury et Julie Coutant, inaugure de nouvelles explorations autour du corps et du texte, avec l’envie de poursuivre et d’approfondir le travail du jeu vers une forme théâtrale et dansée.